Pour la troisième fois de suite, il me posait cette question. Je ne distinguais aucune forme de colère dans sa voix, rien qui aurai pu être inquiétant. J'étais perdu.
Ses yeux étaient grands ouverts et injectés de sang. Il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. Moi non plus.
Peter avait toujours été, à ma connaissance, amoureux de moi. Petit, dodu et boutonneux, je ne m'étais jamais intéressée a lui. J'aurai peut être dû être plus ferme, couper les ponds directement et ne pas laisser s'installer une relation d'amitié entre nous. Cela l'avait fait souffrir. J'en était persuadée à présent.
-Pourquoi ne me dit-tu pas « je t'aime » ?
Voilà qu'il remettait ça !
-Pourquoi ?
Je tressaillit, cette fois, il avait hurlé. Il fit un pas en avant et son visage se contracta en une grimace effrayante.
-Pe...Peter. Réussi-je a articuler. Ne me fait pas de mal !
Il sursauta. Se mit a rire. Je ne trouvait rien de marrant. Une larme coula le long de ma joue. Je voulu l'enlever d'un geste de main, mais mon corps ne me répondait plus. J'avais peur maintenant. Très peur.
Il leva le couteau qu'il tenait dans ses doigts boudinés.
-M'aimes-tu ?
Il se rapprocha de moi au ralenti. Du moins, c'est l'impression que sa démarche lourde et mal assurée me donnait.
-Tu a peur ?
Inconsciemment, je me mis a rire.
-Non Peter, réussi-je à dire sans savoir comment. Pourquoi aurai-je peur ? Tu te tiens a quelques mètres de moi avec un couteau à la main. Pourquoi aurai-je peur ? Ce n'ai pas comme si je pouvais mourir à tout instant !
Mon ironie le fit rire. Ben voyons !
-Je t'aime tans, tu n'aurais jamais dû me pousser a ça !
-A quoi Peter ? Tu veux me tuer ? Vas y ! Tus moi ! TUS MOI ! Hurlais-je.
Il recula. Il avait peur maintenant. Je me remis à rire. Il me faisait pitié.
Je me releva de l'endroit où j'étais tombée, quelques minutes auparavant. Je m'approcha de lui.
-Fais ce que tu as à faire Peter. Je suis toute à toi. Mais sache que je ne t'ai jamais aimée comme tu aurais souhaité que je t'aime. Désolé Peter. Je ne te dirais jamais « je t'aime ».
Il recula, tremblant.
-Ne m'approche pas, murmura-t-il.
Je ne l'écoutait pas. Continuant a avancer, je tendis une main vers la sienne. Je ne savais pas du tout ce que je faisait. Il ne résista pas. Je pus prendre le couteau sans difficulté. J'eu même l'impression qu'il me l'offrais. Il était moite, mais froid. Glacé. Sa lame brillait.
Puis soudain, Peter posa ses mains sur les miennes et les rapprochèrent de son c½ur. Brutalement. Le couteau se réchauffa instantanément. Je le regardais dans les yeux. Je ne voulais pas voir le sang qui coulait entre nous.
Puis il tomba, arrachant de mes mains qu'il avait lâchées, la lame enfoncée dans son c½ur. Il était mort
Elo....


